LES FRANÇAIS DE LA HIGH-TECH DE LONDRES S’UNISSENT CONTRE LE “FRENCH BASHING”

By FrenchConnect London, 30 Jan 2015

“Les entrepreneurs français du Web installés à Londres saluent le dynamisme et la souplesse de Tech City, l’initiative de la capitale britannique pour soutenir les start-up, mais dénoncent les clichés sur la France.

De notre correspondant à Londres

Il a fallu changer de lieu, telle était l’affluence. Au départ confidentiel, le lancement de FrenchConnect London, premier club des entrepreneurs et investisseurs français de la high-tech à Londres, a attiré plus de 120 participants jeudi soir, à deux pas du fameux «Silicon roundabout» de Shoreditch, dans l’Est de la capitale.

«On a été surpris par la réponse. On a commencé à discuter il y a un an et identifié 350 Français influents basés à Londres qui ne se connaissent pas forcément, d’où l’idée de créer un club pour les aider à accélérer leur business en favorisant le partage d’expériences», raconte Albin Serviant, 45 ans, l’un des cofondateurs de FrenchConnect. Ce diplômé de l’Essec a participé en France à la création d’iBazar, revendu à eBay, puis de Musiwave, cédé à Microsoft, avant de s’installer à Londres où il dirige la start-up MedicAnimal, qui commercialise des produits vétérinaires en ligne.

«Casser le cliché de l’exilé fiscal»

Les dirigeants britanniques David Cameron ou Boris Johnson, maire de la capitale, ont délibérément décidé de «dérouler le tapis rouge» aux entrepreneurs français. «On n’est pas là pour faire du French bashing», intime Albin Serviant, même si le débat est encouragé. Pour Alexandre Sagakian, spécialiste des enquêtes d’opinion sur Internet et cofondateur de Frenchconnect, il s’agit de «casser le cliché de l’exilé fiscal de South-Kensington».

Trentenaires, masculins en grande majorité, la salle à beau être peuplée à 95% de Français, on échange en anglais, autour d’un verre de saint-joseph. «C’est fantastique!» applaudit Gerard Grech, patron de Tech City, l’ombrelle gouvernementale qui chapeaute le secteur high-tech londonien. À sa création il y a cinq ans, on comptait 200 entreprises environ: elles sont plus de 2500 aujourd’hui. Le montant des investissements a été multiplié par vingt dans l’intervalle. L’organisme se positionne comme un intermédiaire entre Downing Street et les entrepreneurs, pour leur faciliter la vie. Il peut par exemple leur obtenir des visas exceptionnels «high-tech» pour recruter à l’étranger.

«L’atout principal de Londres, c’est le vivier de talents et la capacité d’attraction. Les Américains, les Israéliens, tout le monde veut venir ici, alors qu’à Paris on ne peut recruter que des Blancs catholiques qui ont fait les mêmes écoles», compare Julien Codorniou, directeur des partenariats pour la plateforme Facebook en Europe.

Moins de bureaucratie

«Tech City fait un super job pour faciliter notre travail. Le recrutement est beaucoup plus simple en Grande-Bretagne, il y a moins de bureaucratie, mais il existe en France des dispositifs qui gomment ces différences. Finalement, les écosystèmes sont plus ou moins similaires. Je suis très fière d’être Française», souligne Nathalie Gaveau, cofondatrice en France de PriceMinister, désormais installée à Londres pour suivre son mari banquier, où elle dirige Shopcade, un site marchand de mode. L’investisseur (belge) Fred Destin, qui connaît bien aussi la Silicon Valley, reproche toutefois à la France son approche de haut en bas «à travers de grands projets grandioses» et des «politiques publiques qui se posent en gardiens de la nationalité française, comme la BPI, sans comprendre qu’on évolue dans un environnement mondial».

Axelle Lemaire, secrétaire d’État au Numérique, ex-députée des Français du Royaume-Uni, ne pouvait pas être là jeudi, mais elle a déjà rencontré les fondateurs de FrenchConnect en juin et doit revenir bientôt. Dans ses vœux jeudi soir, elle a salué les acteurs de la French Tech, en les appelant à transformer l’essai à l’international.” Read the article

 

Le Figaro |